Les biologistes médicaux peuvent vacciner depuis 2024, mais les textes d’application manquent toujours. Pendant ce temps, le calendrier vaccinal 2026 élargit considérablement le périmètre des vaccinations. État des lieux.
Les biologistes veulent vacciner — et n’y arrivent toujours pas
Le décret du 8 août 2023 a ouvert la voie : les biologistes médicaux (médecins et pharmaciens) ainsi que les infirmiers exerçant en laboratoire peuvent désormais prescrire et administrer certains vaccins. L’avenant n° 12 à la convention nationale, approuvé le 5 janvier 2024, a même fixé les tarifs : 7,50 € avec prescription préalable, 9,60 € sans prescription.
En théorie, tout est en place. En pratique, c’est le blocage.
Ce qui manque
Trois textes réglementaires font toujours défaut :
La commande directe — Les laboratoires ne peuvent pas commander les vaccins directement auprès des fournisseurs. Ils dépendent des pharmacies d’officine, ce qui crée un circuit inutilement complexe.
Le stockage — La stratégie nationale de vaccination 2025-2030 a reconnu le droit des laboratoires à stocker les vaccins, mais les modalités pratiques (chaîne du froid, traçabilité des lots) ne sont pas encore détaillées dans un texte réglementaire.
La facturation effective — Bien que la cotation existe dans l’avenant 12, l’absence des deux textes précédents rend l’acte de vaccination impossible à organiser en routine.
La campagne 2025-2026 : une occasion manquée
En octobre 2025, au lancement de la campagne grippe/Covid, le SDBIO a publié un communiqué sans ambiguïté : « Les biologistes déplorent l’absence des textes réglementaires leur permettant de participer à la mobilisation ». Les délais logistiques pour commander les doses étaient dépassés. Les laboratoires n’ont pas pu participer à la campagne.
L’objectif aujourd’hui : être prêts pour la campagne vaccinale de l’hiver 2026-2027. Pour cela, les textes doivent paraître avant l’été 2026.
Calendrier vaccinal 2026 : les évolutions majeures
Le ministère de la Santé a publié en avril 2026 la nouvelle édition du calendrier vaccinal. Plusieurs changements importants sont à retenir.
Nouvelles obligations vaccinales
Méningocoques ACWY et B — La vaccination contre les méningocoques ACWY remplace celle contre le méningocoque C seul et devient obligatoire pour tous les nourrissons. Le vaccin contre le méningocoque B, jusqu’ici simplement recommandé, devient lui aussi obligatoire (enfants nés à partir de 2024). Un rattrapage est recommandé pour les adolescents de 11 à 14 ans, élargi aux jeunes de 15 à 24 ans.
Rougeole pour les professionnels de santé — La LFSS 2026 instaure une obligation d’immunisation contre la rougeole pour les professionnels et étudiants des secteurs sanitaire et médico-social, ainsi que pour les professionnels de la petite enfance.
Élargissement du rattrapage HPV
Le rattrapage de la vaccination HPV est désormais ouvert jusqu’à 26 ans pour les femmes comme pour les hommes (contre 19 ans auparavant). Le schéma reste à 3 doses à partir de 15 ans (M0, M2, M6).
Nouveaux vaccins et schémas simplifiés
Pneumocoque — Le vaccin Capvaxive est intégré avec un schéma simplifié à une seule dose, pour les adultes à risque et toutes les personnes de 65 ans et plus.
Grippe (seniors) — Les vaccins à forte dose (Efluelda) ou avec adjuvant (Fluad) sont recommandés en priorité pour les 65 ans et plus. Le Flucelvax est utilisable dès 6 mois pour les enfants à risque.
VRS — Protection recommandée pour les nourrissons de moins de 6 mois (anticorps monoclonaux) et les adultes à partir de 75 ans (ou 65 ans en cas de maladies chroniques).
Dengue — Vaccination recommandée dans les territoires d’outre-mer pour les enfants de 6 à 16 ans avec antécédents et les adultes de 17 à 60 ans à risque.
Zona — Vaccin recombinant recommandé entre 65 et 74 ans, 2 doses espacées de 2 mois.
Ce que cela signifie pour les laboratoires
Le périmètre vaccinal s’élargit considérablement. Les laboratoires accueillent chaque jour des millions de patients — souvent des personnes âgées ou à risque, précisément les cibles prioritaires du nouveau calendrier. Proposer un vaccin grippe à forte dose ou un pneumocoque en une dose au patient de 70 ans qui vient pour sa prise de sang, c’est un acte de santé publique autant qu’un service de proximité.
Les biologistes sont prêts. Le calendrier vaccinal leur donne raison. Il ne manque plus que la volonté politique de finaliser les textes.
Former vos équipes à la vaccination
Chez Biologie e-learning, nous accompagnons les laboratoires dans cette transition avec une formation complète à la vaccination destinée aux biologistes médicaux et aux infirmiers. Anticipez la campagne 2026-2027 : formez vos équipes pour être opérationnels dès la parution des textes.

