Publié au Journal officiel le 27 juin 2026, l’arrêté du 26 juin 2026 (NOR SFHH2617311A) autorise les infirmiers diplômés d’État à prescrire ou renouveler certains examens de biologie médicale. C’est une évolution importante du parcours de soins — et un sujet que les laboratoires de biologie médicale ont tout intérêt à suivre de près, en leur qualité de facturiers.
Un nouveau droit, d’application immédiate
Le texte fixe la liste des produits de santé et examens complémentaires que l’infirmier peut désormais prescrire. Ce droit est entré en vigueur dès la publication des textes : l’infirmier libéral peut prescrire dès aujourd’hui. Sur le volet des examens biologiques, aucune formation n’est juridiquement obligatoire pour exercer ce droit. La prescription engage néanmoins la responsabilité de l’infirmier — et celle du laboratoire qui réalise et facture l’examen.
Quels examens, et sous quelles conditions
L’autorisation n’est pas générale : chaque examen est assorti d’une condition précise. L’article 1er, VI de l’arrêté prévoit notamment :
- NFS, plaquettes et ionogramme sanguin — dans le cadre d’une pathologie connue ou de symptômes évocateurs d’une pathologie ;
- ECBU, avec antibiogramme si nécessaire ;
- Glycémie à jeun, ou en contexte d’urgence en cas de déséquilibre du diabète ou d’hypoglycémie ;
- Chez le patient diabétique connu : créatininémie, albuminurie/créatininurie sur échantillon et HbA1c, uniquement si ces examens n’ont pas déjà été prescrits dans les trois derniers mois ;
- Renouvellement (une fois) du dosage de l’INR sous AVK, avec un suivi rapproché possible en cas de déséquilibre constaté ;
- β-HCG pour la confirmation et la datation d’une grossesse, et tests de dépistage des IST (VIH, hépatites B et C, syphilis, chlamydia, gonocoque) ;
- Dans le cadre d’un sevrage tabagique : bilan sanguin (cholestérol, triglycérides, glycémie à jeun) d’évaluation du risque cardiovasculaire.
À chaque examen, donc, sa règle d’indication et, parfois, de fréquence.
Pourquoi cela concerne directement le laboratoire
C’est le point clé pour notre profession. L’article 2 de l’arrêté impose que toute prescription soit tracée au dossier patient ou au dossier médical partagé. Surtout, le laboratoire reste le facturier de l’acte : une prescription qui ne respecte pas les conditions fixées par le texte est non conforme, donc non remboursable — et l’Assurance maladie peut en réclamer le montant à l’établissement qui l’a facturé.
Autrement dit, ce nouveau canal de prescription ouvre, pour le laboratoire, une zone de vigilance sur la conformité et la facturation. Rapporté au volume d’un réseau d’infirmiers adresseurs, l’enjeu n’est pas anecdotique.
Un enjeu de coordination et de qualité
Au-delà du risque, c’est une occasion de renforcer la coordination entre le laboratoire et les infirmiers prescripteurs. Sécuriser la prescription à la source — par une bonne connaissance des indications et des règles de fréquence — fiabilise le circuit pré-analytique, fluidifie la facturation et conforte le rôle du laboratoire comme partenaire de la juste prescription.
Notre réponse : un parcours express dédié
Dans ce contexte, IEF Biologie met à disposition un nouveau parcours e-learning, PRESCRIRE— « L’essentiel pour prescrire juste : examens biologiques ». En moins de 1 heure, il accompagne les infirmiers vers une prescription conforme : le bon examen, au bon moment, dans les bonnes conditions. Conçu pour être financé, le cas échéant, par un laboratoire partenaire dans une démarche de qualité et de sécurisation du parcours de soins, il contribue par ailleurs à l’axe 1 de la certification périodique de l’infirmier.
Références réglementaires. Arrêté du 26 juin 2026 fixant la liste des produits de santé et examens complémentaires que les infirmiers diplômés d’État sont autorisés à prescrire ou à renouveler (NOR SFHH2617311A), JO du 27 juin 2026 · Loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 · Décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025 · Articles L. 4311-1, R. 4311-2 et R. 4311-3 du code de la santé publique.

